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La prairie fleurie (5/5) Version PDF

Conseils généraux

MISE EN OEUVRE ET ENTRETIEN

Avant de présenter les techniques de mise en place des semis, il est important de pouvoir déterminer le potentiel botanique du terrain.  En effet, certaines pelouses plus anciennes et non traitées présentent parfois une diversité de plantes à fleurs non négligeable mais que les tontes répétées empêchent de voir fleurir.

 

Il est dès lors recommandé d’observer dans l’herbe la présence, ou non, d’autres plantules présentes sous forme de rosettes.  Il faut, il est vrai, être quelque peu connaisseur pour réussir l’exercice.

Une solution plus simple consiste à ne pas tondre la parcelle que vous souhaitez transformer en prairie fleurie pour voir le potentiel de fleurs s’exprimer.  Vous pourrez ainsi juger de la pertinence d’effectuer un semis de fleurs sauvages.

 

La mise en oeuvre

Cette technique de préparation du sol et de mise en place du semis est commune à tous les mélanges « prairies fleuries » décrits précédemment.

 

La situation.

Les fleurs sauvages que l’on retrouve dans les prairies fleuries sont des espèces de pleine lumière.  Aussi, on choisira une situation la mieux exposée possible pour bénéficier d’un maximum de floraison.  Si la situation est plus ombragée, alors il faudra choisir un mélange plus adapté à cette situation.

 

Les périodes de semis.

Deux périodes sont recommandées pour effectuer les semis : avril à mai et septembre à mi-octobre.  Pour les régions au climat plus rigoureux, la période de semis sera plus tardive (mai) au printemps et plus avancée en fin d’été (fin août/début septembre).

 

Le semis d’arrière saison est à privilégier.  Les températures sont encore favorables et l’on est certain de bénéficier rapidement d’humidité pour le bon développement des plantules.  De plus, on rencontre moins de problèmes d’adventices en semant à cette période.

 

La préparation du terrain.

Dans la logique d’un aménagement écologique et pour éviter toute toxicité sur la petite faune, on évitera l’usage d’herbicides pour la préparation du terrain.  Il faudra alors bien préparer le terrain pour limiter la repousse de touffes d’herbes ou l’apparition d’adventices.  Le faux semis est donc vivement recommandé, particulièrement au printemps, et est expliqué ci-après.

 

La pelouse (ou la prairie) sera tondue très court, l’herbe sera immédiatement évacuée.  Ensuite, il faudra retourner le sol et enfouir correctement les touffes d’herbes pour éviter qu’elles ne repercent trop facilement.

 

Après cet enfouissement, le sol sera travaillé très finement.  Les mottes d’herbes qui resteraient en surface ou les éventuels rhizomes seront soigneusement enlevés.

 

Fraisage du sol (ECOWAL©)

 

Ensuite, on laissera reposer le sol pendant deux à trois semaines maximum.  Pendant cette période, les semences présentes dans la terre (adventices) vont germer.

 

Un second travail du sol, superficiel – quelques centimètres de profondeur tout au plus – suivra alors et permettra d’éliminer ces jeunes plantules.  Le sol sera par la même occasion correctement nivelé pour accueillir le semis du mélange choisi.

 

Second travail superficiel du sol (ECOWAL©)

Le semis.

La densité de semis des mélanges  « prairies fleuries » est  assez légère par rapport aux gazons classiques.  Aussi, il est vivement recommandé de mélanger les semences à du sable de rivière (sable du Rhin) sec.  Cette façon de procéder permet aussi une meilleure répartition des semences sur le sol.

 

Les semences sont mélangées à du sable de rivière (ECOWAL©)

 

Le semis sera réalisé en surface ; en aucun cas les semences ne doivent être enfouies dans le sol.  Les graines seront répandues à la volée et la surface sera ensuite correctement roulée pour bien mettre en contact les semences avec le sol.

 

Semis à la volée (ECOWAL©)

  

 Les semences sont déposées en surface. (ECOWAL©)

 

Aucun amendement ne doit être apporté à ce type d’aménagements. Après le semis, il faudra veiller à arroser régulièrement si le climat est sec. Bien évidemment, selon la surface à aménager et le type de matériel dont on dispose, cette préparation sera manuelle (bêche, râteau, fourche croc,...) ou mécanique (motoculteur ou tracteur muni d’une fraise ou d’un enfouisseur de pierres, rotative, ...).

 

La fauche.

Celles-ci diffèrent quelque peu en fonction du type de mélanges utilisés et de l’effet recherché. 

  • Mélange de fleurs annuelles.

Après la floraison, la végétation sera fauchée et évacuée.  Il est préférable de laisser sécher la végétation sur pied avant de faucher pour permettre aux semences de tomber sur le sol.  Celui-ci sera ensuite retravaillé pour faciliter la bonne germination des nouvelles semences.  Pour obtenir une bonne floraison, il est recommandé d’ajouter de nouvelles semences d’annuelles à celles tombées sur le sol.

  • Mélange de fleurs pures.

Après la floraison, la végétation sera fauchée et évacuée.  Il est préférable de laisser sécher la végétation sur pied avant de faucher pour permettre aux semences de tomber sur le sol.  Cette opération sera renouvelée annuellement jusqu’à la prochaine décision de semis, après trois ou cinq ans.  Le sol sera alors remis à nu pour renouveler l’opération et récupérer la diversité initiale.

  • Mélange prairies fleuries.

Dans le cas d’une prairie fleurie, plusieurs méthodes de gestion peuvent être mises en place.

 

Un fauchage annuel.

La gestion la plus simple consiste à faucher une fois par an la végétation, en septembre.  Le fauchage sera court et le foin sera ramassé et évacué.  Toutefois, si l’intervention est limitée à une seule opération, elle présente quelques inconvénients.

 

Sur les sols plus riches, la hauteur de la végétation pourra atteindre 80 cm.  Lors de fortes  pluies ou grands vents, cette végétation risque alors de se coucher rendant l’aspect de la prairie moins intéressant et sa gestion plus difficile.

 

D’autre part, les graminées fleurissent en juin juillet et fanent au milieu de l’été.  L’aspect de la prairie évolue aussi et peut rappeler un état de friche.  Sur le plan écologique, la prairie est fort intéressante, mais sur le plan purement esthétique, cela peut être sujet à remarques.

 

Deux fauchages par an.

Pour éviter ces désagréments, on peut faucher deux fois la prairie fleurie.  Une première fois fin juin, à +/- 8cm de hauteur et une seconde fois fin octobre.  Chacun de ces fauchages sera suivi par l’évacuation du foin.

En opérant de la sorte, on garde une végétation plus basse et l’aspect « vert » des graminées, mais sur le plan écologique l’intérêt de la prairie pour les pollinisateurs est quasi nul pendant la période d’été.  Les floraisons réapparaîtront seulement fin août pour s’étendre jusqu’à la fin octobre.

 

Un fauchage dit « en mosaïque ».

Voilà probablement le compromis d’entretien à privilégier pour ce type de mélange.  La gestion consiste donc à faucher une partie (un tiers, à +/- 8cm de hauteur) de la prairie fleurie en juin.  Idéalement on choisira la partie la plus proche d’une pelouse ou d’un chemin d’accès.  Ainsi on crée un gradient de végétation entre la pelouse rase et la prairie fleurie.

Fin octobre, la prairie fleurie sera fauchée sur son entièreté, plus court (5 cm maximum).

Eventuellement, une zone de la prairie ne sera pas fauchée du tout avant l’hiver.  Cette zone de végétation fanée peut en effet abriter la petite faune en hiver.  Des hérissons peuvent trouver refuge dans une boule de végétation, à même le sol, des insectes profitent des tiges creuses de certaines ombellifères pour se protéger des rigueurs de l’hiver, certaines chrysalides de papillons sont attachées à la végétation herbacée dans l’attente de meilleures températures et des oiseaux granivores y trouvent encore quelque nourriture pendant la mauvaise saison.

 

Fauchage en mosaïque, la zone fauchée au printemps fleuri à nouveau (ECOWAL©)

 

Cette technique permet d’obtenir une seconde floraison (regain) qui apportera la nourriture nécessaire aux pollinisateurs pour se constituer des réserves pour l’hiver.

 

Un entretien annuel est obligatoire au risque de voir disparaître très vite les fleurs, étouffées par l’accumulation des feuilles des graminées.  Après chaque fauchage, il faut aussi veiller à enlever le foin coupé pour éviter d’enrichir le sol ou d’étouffer les jeunes plantules sous son accumulation.

 

Mauvais entretien, les jeunes plantules sont étouffées par les graminées (ECOWAL©)

 

Cette exportation du foin va avoir pour conséquence un appauvrissement progressif de la richesse du sol, au profit d’un bon équilibre de la végétation.  En effet, sur les sols riches la diversité des plantes est réduite à quelques espèces, dites nitrophiles.  Lorsque le sol est moyennement riche à pauvre, on retrouve alors une grande quantité de fleurs différentes qui se maintiennent au sein de graminées légères.

 

Suivi de première année.

Si malgré toutes ces précautions, des adventices prenaient le dessus, juste après le semis, il est conseillé de réagir vite dans la saison et de tondre (ou faucher) à une dizaine de cm pour remettre en lumière les jeunes plantules.

 

Cela peu notamment se produire lors d’une longue période de temps sec, après le semis.  Les semences restent en attente de bonnes conditions, mais des adventices se développent et peuvent, s’il n’y a pas de suivi, prendre de l’avance sur le semis et étouffer les futures jeunes plantules.

 

Cette technique fonctionne particulièrement bien pour toutes les adventices de type annuelles comme les chénopodes. Par contre, si d’autres plantes indésirables de type vivaces se développaient, comme des chardons ou des rumex, il faudrait alors s’armer de patience et les retirer le plus rapidement possible pour limiter leur implantation.

 

Estimation coûts

semences prairie fleurie : 65 EUR à 175 EUR/KG selon le mélange choisi

Mise en oeuvre : entre 0,85 EUR à 2 EUR/m2 selon matériel utilisé.