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La prairie fleurie (3/5) Version PDF

Conseils généraux

I.  Les mélanges de fleurs annuelles

Ces mélanges sont composés exclusivement d’espèces de fleurs annuelles.  Dans la nature, ces fleurs affectionnent les terres nues telles que les cultures, travaillées annuellement.  On les retrouve aussi fréquemment sur les terrains remaniés lors de travaux de génie civil.

 

Ce travail répétitif du sol est effectivement la condition pour le développement de ces plantes qui ne supportent pas la concurrence des graminées et des autres vivaces.

 

La floraison est souvent spectaculaire tant la couleur de ces fleurs est généralement vive.

 

Les coquelicots (Papaver rhoeas, Papaver dubium), le bleuet (Centaurea cyanus), le chrysantème des moissons (Glebionis segetum) ou bien encore la nielle des blés (Agrostemma githago) – espèce disparue à l’état spontané en Belgique – et autres camomilles fleurissent, la belle saison venue, pendant une période qui peut couvrir trois mois de l’année.

 

Mélange de fleurs annuelles semé dans un cimetière à Neufchâteau (ECOWAL©)

 

Ce type de mélanges peut donner des résultats très différents selon la date du semis.  Ainsi, un semis d’automne ou un semis effectué très tôt au printemps sera plutôt favorable aux coquelicots (Papaver rhoeas) qui apprécient un « coup de froid » pour bien germer.  A l’inverse, le chrysanthème des moissons (Glebionis segetum) appréciera les plus fortes chaleurs du mois de mai pour se développer.  Aussi, la dominance de couleur peut être très différente avec un même mélange de fleurs, selon la période du semis.  Ce n’est donc pas la qualité de la semence qui est à mettre en cause, mais les conditions climatiques, au moment  même du semis, qui influencent le résultat.

 

Ce mélange a donc une pérennité limitée généralement à une année.  Si le sol reste relativement nu, on peut espérer une nouvelle floraison en seconde année, mais celle-ci sera nettement plus faible.

Il est donc vivement conseillé de semer annuellement ces mélanges, après avoir retravaillé le sol, pour obtenir des floraisons bien denses.

 

Vu cette contrainte, ce type de mélanges est à conseiller pour fleurir des surfaces plus modestes telles que des ronds-points ou des entrées de villages.  Ils assurent ainsi un fleurissement champêtre fort apprécié du grand public.

 

Dans les jardins et les parcs, ces mélanges peuvent également être utilisés dans les parties les plus ensoleillées.

 

En mélange avec une céréale, ce mélange assure un intérêt écologique supplémentaire en apportant nourriture aux oiseaux granivores à la fin de l’été.  Certaines initiatives sont prises dans ce sens, à plus ou moins grande échelle, pour préserver les populations d’oiseaux liés notamment aux grandes cultures telles que les linottes mélodieuses, les bruants proyers, ...

 

Notons que les mélanges "commerciaux" font parties de cette catégorie de "prairies fleuries" à ressemer chaque année.

 

II. Les mélanges de fleurs pures.

Ces mélanges sont constitués d’espèces annuelles, de plantes bisannuelles et de vivaces.

La composition du mélange peut être très variable au point de vue des proportions des différentes fleurs.  Certains mélanges sont composés d’une très forte proportion de fleurs annuelles.  D’autres sont plus équilibrés.

 

La floraison évolue d’année en année.  Elle est dominée par les fleurs annuelles, l’année du semis, puis, dès la seconde année, apparaissent les floraisons des fleurs bisannuelles et des vivaces.

 

Ce type de mélange présente une pérennité de l’ordre de 3 à 5 ans selon le résultat voulu.  La deuxième année est certainement la plus diversifiée au point de vue du nombre d’espèces.  Les annuelles sont encore présentes, les bisannuelles et vivaces fleurissent également.  Ensuite, au fil des ans, les vivaces vont prendre le dessus et des graminées vont apparaître spontanément.  Le mélange évolue alors en prairie fleurie et l’on pourra gérer cet espace dans ce sens bien au delà de cinq ans pour autant que les graminées, apparues spontanément, ne soient pas trop agressives.

Cet équilibre sera d’autant plus marqué sur les sols plus pauvres où les graminées ne seront pas trop concurrentielles par rapport aux plantes issues du semis.

 

Par contre, pour les lieux de prestige, telles que les entrées de villes et villages, les golfs, ..., il faudra veiller à renouveler le mélange après trois ans pour revenir à une plus grande diversité de plantes et de floraisons.  Pour ces sites en particulier, la proportion de fleurs annuelles dans le mélange sera plus importante, de l’ordre de 50 à 60%.

 

Mélange de fleurs pures en seconde année.  Bellefontaine (ECOWAL©)

 

Outre les fleurissements champêtres des villes et villages et des jardins, ce type de mélange est utilisé pour soutenir la lutte biologique en production fruitière ou maraîchère.

 

Bande fleurie dans un verger intégré - CRA-W  Sombreffe (ECOWAL©)

 

La composition des fleurs est alors particulièrement étudiées pour attirer les insectes auxiliaires tels que les syrphes, les chrysopes, ...  Adultes, ces insectes se nourrissent du pollen fourni par les fleurs sauvages, principalement de la famille des astéracées et de la famille des ombellifères ; des plantes aux inflorescences courtes, dont le pollen et le nectar sont à la portée de ces insectes.

 

Ainsi, ces insectes utiles, attirés par ces floraisons abondantes, viendront alors pondre leurs oeufs à proximité des colonies de pucerons.  Les larves, très voraces, aideront le jardinier dans la régulation de ces parasites.  L'usage des insecticides en sera fortement diminué.

 

                                    Coccinelles (ECOWAL©)                                          Larve de syrphe sur colonie de pucerons (ECOWAL©)