Le verger Version PDF

Conseils généraux

INTRODUCTION

C'est à partir du 18è siècle que les vergers ont connu leur apogée en Belgique.  D'abord exclusivement présents sous forme de hautes tiges, avec une production orientée plutôt vers les siroperies, les vergers se distinguent peu à peu offrant une diversité de fruits de table intéressante.

 

Malheureusement, à partir des années 1950, les choses évoluèrent de manière négative.  Des porte-greffes nanifiants, appelés communément "basses tiges", apparurent, facilitant ainsi le travail d'entretien et de récolte des fruits.  Les consommateurs commencent alors à privilégier des fruits plus calibrés et d'aspect esthétique plus soigné.  Une production industrielle se met en place limitant la diversité des fruits à quelques variétés (principalement la Jonagold pour les pommiers et la Conférence pour les poiriers).

 

Dans les années 70, des primes furent octroyées pour arracher les vergers hautes tiges.  Quelques années plus tard, c'est le remembrement qui fit à nouveau régresser les vergers hautes tiges.

 

Charles Populer fut à l'initiative de la mise en collection d'anciennes variétés fruitières régionales.  Grâce à ce travail laborieux, repris aujourd'hui par Marc Lateur (CRA-W), ces anciennes variétés sont remises au goût du jour.  La sélection de celles-ci s'est portée sur l'aspect gustatif des fruits mais aussi sur la bonne résistance aux maladies.

 

A côté des productions intensives, les amateurs retrouvent le plaisir d'apprécier des saveurs d'antan et de participer ainsi à la sauvegarde de ce patrimoine régional. Le tout se cultive sans aucun traitement phytosanitaire.

 

Diversité de pommes retrouvées - Villeneuve d'Ascq (ECOWAL©)

 

Des vergers conservatoires sont plantés un peu partour en Wallonie, à l'initiative de communes ou d'associations.  Certains vont jusqu'à récolter des greffons de variétés locales, prélevés dans de vieux jardins pour compléter leur collection.

 

 Plantation de fruitiers dans le cadre du PCDN de la Ville de Gembloux (ECOWAL©)

 

Au printemps, les fruitiers apportent tout leur intérêt pour les pollinisateurs.  Les vieux sujets, aux troncs creusés, sont des gîtes incontournables pour des animaux cavernicoles (qui nichent dans des cavités) dont notamment la chouette chevêche.  Enfin, les fruits oubliés feront aussi le repas de la petite faune.

 

LES DIFFERENTS PORTS DE FRUITIERS

Selon les porte-greffes utilisés, on peut distinguer trois ports différents :

I. La haute tige.

C'est la forme la plus ancienne utilisée.  Ces arbres, de part leur développement, nécessitent un espacement suffisant.  Ainsi, il faut compter entre 12 et 15m de distance entre les arbres pour permettre un développement harmonieux et limiter les problèmes de maladies (champignons) liées au confinement.

La greffe est faite à +/- 2m de hauteur.  Vu la hauteur du tronc, le passage sous les arbres est aisé.  C'est également cette forme qui permet le pâturage de la prairie.

L'arbre peut atteindre une hauteur de 8 à 10m.

 

Il s'agit là de la forme la plus intéressante sur le plan paysager et écologique.

II. La moyenne tige.

Ce port intermédiaire se caractérise par une hauteur de greffe située à +/- 1m60.  La distance de plantation est réduite à 10m en moyenne.  La mise à fruit est un peu plus rapide et la cueillette facilitée.  La hauteur des premières branches permet encore un entretien facile du pied de l'arbre.

L'arbre peut atteindre une hauteur de 6 à 8m.

III. La basse tige.

Il s'agit là du port le plus compact.  La greffe est réalisée à 80cm du sol.  Les distances de plantation sont de l'ordre de 6m (certains porte-greffes dits nanifiants permettent une distance plus courte, voir même une culture en pots).  La mise à fruit est rapide, la cueillette facile, mais ce port nécessite un entretien suivi, notamment au niveau de l'amendement du sol.  Les racines étant moins profondes, tout herbe doit être proscrite au pied de l'arbre afin d'éviter toute concurrence avec les racines.

L'arbre peut atteindre une hauteur de 2 à 4m.

 

Ce port est utile pour les petits jardins quoiqu'il entrave quelque peu la circulation, vu les branches très basses.

 

 Schéma des différents porte-greffes, tailles et distances de plantation (Source : Biodimestica)

 

Nous n'aborderons pas ici les formes palissées.  Elles sont issues d'un art de taille qui nécessite un long apprentissage et un suivi régulier des arbres conduits.  Cette structure permet d'adosser les arbres contre un mur ou de les conduire en une haie étroite.

 

MISE EN OEUVRE ET ENTRETIEN

Quel port choisir ?

Dans le cadre de plantations réalisées dans un but paysager et/ou écologique, on favorisera autant que possible le port haute tige.  Dans les écoles, la forme moyenne tige est à retenir.  Elle permet encore aux enfants de passer sous les plantations et de profiter plus facilement des fruits tout en évitant de casser les branches basses.

 

Outre le choix du port, en lien avec le projet développé, certaines variétés ont leurs propres exigeances.  Ainsi, est-il préférable de privilégier les pêchers en port basse tige ou moyenne tige car leur bois est cassant.  La pomme "reinette étoilée", quant à elle, n'est pas recommandée en basse tige.

Des variétés complémentaires.

La majorité des fruitiers sont auto-stériles.  Les arbres ne peuvent donc pas produire de fruits si ils sont plantés seuls (à moins d'avoir d'autres fruitiers compatibles dans l'environnement immédiat).  Il faut donc planter une seconde variété dont le pollen est compatible avec la première et qui fleurisse en même temps.  A défaut de place au jardin, on choisira alors une variété auto-fertile qui vous apportera la récolte espérée.

Technique de plantation.

La période de plantation s'étale de la mi-novembre au mois de mars, en dehors des périodes de gel ou de sol détrempé.  Le mois de novembre est à privilégier car, vu l'engouement du public, il est parfois difficile de trouver toutes les variétés en fin de saison chez son pépiniériste.  De plus, l'arbre produit, en hiver, de jeunes racines qui facilitent la reprise.  La plantation s'effectue dans des fosses de 80cm de large et de 50cm de profondeur.  Le fond et les flancs seront défoncés pour faciliter le drainage et permettre aux racines de s'étendre plus facilement à la conquête du sol voisin.

 

Lors de la plantation, il sera ajouté du compost bien décomposé avec éventuellement un engrais organique à libération lente. Veillez à ne pas enfouir le point de greffe lors de la plantation.  Celui-ci doit être juste au-dessus du sol.

 

 Schéma de plantation et point de greffe (Source : Biodimestica)

 

Les arbres seront soutenus par deux tuteurs et des liens souples.  Les tuteurs seront plantés à +/- 10cm du tronc de l'arbre.

 

VEILLEZ A GARDER LE SOL NU AU PIED DE L'ARBRE.  Ceci pour éviter la concurrence avec les jeunes racines, mais aussi pour éviter tout dégât lors de l'entretien mécanique (débroussailleuse).

La taille de formation.

 Les basses tiges nécessitent un suivi tout au long de leur vie.  Pour les hautes et moyennes tiges, la taille de formation dure de 3 à 5 ans.  Lors de la visite annuelle, en mars, veillez à couper les rejets qui se développent au niveau du tronc (porte-greffe).  Sans intervention, ces rejets prendront vite le dessus par rapport à la variété greffée qui finira par décliner.

 

Trois tailles sont habituellement pratiquées.

La taille en gobelet, habituellement utilisée pour la formation des pommiers, consiste à supprimer l'axe central et à favoriser plusieurs charpentières.  Le centre de l'arbre est donc évidé ce qui provoque un puit de lumière qui favorise la production.  Cette technique traditionnelle est décriée par certains car, à terme, l'arbre se fragilise sous le poids de ses branches, regroupées au niveau du point de greffe.  Cette technique de taille favorise toutefois la formation de cavités dans les arbres qui seront colonisées par la petite faune (chauve-souris, chouette, ...).

 

Les futures charpentières sont écartées à l'aide de morceaux de bois fendus à leurs extrémités (ECOWAL©)

 

La taille en fuseau est, quant à elle, plutôt utilisée sur les poiriers.  Elle consiste à réduire l'axe vertical d'un tiers et de recouper les axes secondaires au deux tiers de leur longueur juste au dessus d'un bourgeon extérieur.

 

Enfin, la taille en axe vertical est celle recommandée par le CRA-W de Gembloux.  Cette technique nouvelle permet de mieux respecter la structure de l'arbre, accroît sa longévité et favorise une mise à fruit plus rapide.  Cette technique consiste, à la plantation, à garder uniquement l'axe central (celui qui se trouve dans le prolongement du tronc) et à rabattre toutes les autres branches à ras.

 

Résultat d'une taille en axe vertical (ECOWAL©)

 

Après la formation de l'arbre, une taille d'entretien est effectuée.  Elle se limite à couper toutes les branches qui se croisent ou qui reviennent vers le centre de l'arbre.  Ceci afin de garder une ouverture suffisante (et donc une bonne aération) de la ramure et d'éviter tout frottement entre les branches.

 

Elimination des branches qui se croisent ou qui sont tournées vers le centre de l'arbre (ECOWAL©)

 

La taille des fruitiers à pépins doit être planifiée en mars.  Celle des fruitiers à noyaux (taille occasionnelle) se planifie en août.

 

Afin de garantir la traçabilité de l'arbre, certains pépiniéristes belges adhèrent depuis fin 2013, à la charte de qualité ‘CERTIFRUIT’. Cette charte a été mise en place de façon participative par le CRA-W.  Outre le respect du certificat d’identité des variétés, le label garantit un arbre de qualité,  produit de manière artisanale et adapté à notre région.

Ces fruitiers sont reconnaisables au logo qui figure sur les étiquettes liées aux arbres.

 

 

 

 

 

 

 

Estimation coûts

Basse tige : +/- 15 EUR

Moyenne tige : +/- 20 EUR

Haute tige : +/- 25 EUR

Tuteur : +/- 5 EUR (d7X200), +/- 4 EUR (d7X160)

Terreau : +/- 7 EUR (50l).