Un gîte pour les abeilles sauvages Version PDF

Conseils généraux

Introduction.

Si l'abeille domestique est bien connue du grand public, nos abeilles sauvages le sont nettement moins.  Et pourtant, ce ne sont pas moins de 380 espèces d'abeilles sauvages qui ont été recencées en Belgique (1.000 en France).  Ces abeilles sont aussi importantes pour la pollinisation de nos fruits et légumes et parfois même plus efficaces encore que l'abeille domestique.

La grande majorité de ces abeilles ne vivent pas en société (au contraire de l'abeille domestique) ; voilà pourquoi sont-elles encore appelées "abeilles solitaires".

 

Ces abeilles sauvages sont inoffensives, leur dard est par ailleurs relativement souple et peu utilisé.  Voilà de quoi rassurer les plus inquiets.

Dès lors, nous pouvons les accueillir, sans crainte, dans nos jardins ou dans les espaces réservés à l'observation de la nature, comme les réserves éducatives développées dans certaines écoles.

 

Gîte préfabriqué pour osmies - Athénée de Waterloo, projet BIODIBAP 2.0 (ecowal©)

 

Construction d'hôtels avec des enfants - Natagora Libramont (Ecowal©)

Des comportements variés.

Le comportement de ces abeilles est aussi varié qu'il y a d'espèces.  Certaines creusent leurs nids dans le sol (abeilles terricoles), d'autres dans des tiges creuses (abeilles caulicoles) ou dans des tiges à moelle (abeilles rubicoles).  Certaines ont aussi pour habitude de coloniser les trous dans les murs ou bien encore les petits trous d'évacuation au bas de nos fenêtres.

Un espèce, très rare, s'est elle spécialisée dans l'occupation des coquilles d'escargot vides pour y faire son nid.  Comme chez les oiseaux, certaines espèces sont appelées "abeilles coucou" car elles porfitent d'autres espèces pour se reproduire.

Les différences s'expriment aussi quant au mode de transport du pollen.  Certaines le transportent sur leurs pattes, comme l'abeille domestique, d'autres le véhiculent à l'aide d'une brosse ventrale qui maintient les grains de pollen.

Les abeilles coucou ne possèdant pas de système de transport de pollen, profitent des récoltes des autres espèces et pondent dans les stocks de pollen qui étaient réservés à la descendance de l'espèce parasitée.

 

Des fleurs sauvages indispensables...

Une grande partie des abeilles sauvages se nourrit de plantes indigènes.  Certaines, dites "spécialisées" ne visitent d'ailleurs qu'une seule espèce de plantes sauvages.  C'est notamment le cas de la Collète du Lierre (Colletes hederae) qui se nourrit exclusivement du lierre (Hedera helix).

 

Colletes hederae sur fleurs de lierre (Nicolas Vereecken©)

 

 

On comprend dès lors tout l'intérêt de favoriser nos plantes indigènes dans l'aménagement de nos parcs et jardins.  Certaines espèces d'abeilles, très communes, sont dites "généralistes", c'est le cas notamment de l'abeille domestique et du bourdon commun.  Ces insectes butinent tout azimut nos variétés horticoles (pour autant qu'il s'agisse de fleurs simples) et les espèces exotiques mellifères introduites dans les massifs fleuris.

 

La relation insecte/plante est tellement intime parfois que leurs destins sont étroitement liés.  L'exemple ci-dessus est très évocateur : à défaut de lierre, la collète du lierre disparaîtrait du paysage.  Mais la présence de certaines plantes dépend également de la présence du pollinisateur associé.  Ainsi, tel est le cas d'une espèce d'Ophrys (Orchidée sauvage) qui est pollinisée par une espèce d'abeille en particulier.  La disparition de l'abeille entrainerait dans son sillage celle de la plante qui ne parviendrait plus à se multiplier, faute d'agent pollinisateur.

 

Construire un hôtel à insectes.

Surfant sur la vague "biodiversité" ou " jardins naturels", certaines jardineries commercialisent des hôtels à insectes aux prix défiant toute concurrence.  Mais ces hôtels sont souvent mal conçus et de qualité médiocre.

Nous ne pouvons que vous encourager à vous diriger vers un artisan spécialisé ou de sortir votre boîte à outils et laisser libre cours à votre imagination.

La structure portante.

Choisissez un bois résistant (cèdre, douglas, robinier, ...) et des planches d'une épaisseur de 1 à 2cm.

L'hôtel aura une profondeur de maximum 30cm.  Les autres dimensions sont laissées à votre choix et dépendra aussi de l'espace dans lequel l'hôtel sera placé.

Il est utile de le munir d'un fond pour aider à maintenir la structure et son futur contenu, mais aussi à éviter les courants d'air à travers les gîtes, ce qui pourrait géner les insectes.

 

 

Petit hôtel à insectes - BIODIBAP Izel-sur-Semois (Ecowal©)

Les gîtes pour abeilles sauvages.

La structure sera remplie de différents gîtes d'accueil pour les abeilles sauvages.  Des tiges creuses (bambous, ...) seront rassemblées en fagots.  De même, on peut également y placer des ensembles de tiges pleines (sureaux, framboisiers).

 

Des bûches ou des blocs de bois dur (chêne, hêtre, ...) seront perforés de trous de diamètres variables de 4mm à 12mm.  La profondeur de ces trous sera idéalement dix fois supérieure au diamètre du trou.  Les galeries doivent être nettes, exemptes d'éclats de bois qui empècheraient l'accès aux abeilles.  Il faut aussi éviter d'utiliser du résineux car la résine, contenue dans le bois, risque de boucher les petites galeries et de piéger les jeunes nymphes.

 

Une brique creuse sera remplie d'un mélange de 2/3 d'argile et d'1/3 de sable.  Après séchage, des trous de 8mm à 10mm de diamètre seront percés sur une profondeur de +/- 1cm.  Les abeilles poursuivront elles-mêmes le creusement de la galerie.

 

Un hôtel des plus complets - Jardin des Abeilles, Université de Mons (Nicolas Vereecken©)

Des gîtes pour les insectes auxiliaires.

Si votre hôtel est suffisamment grand, vous pouvez y ajouter des abris pour les insectes auxiliaires (coccinelles, chrysopes, ...), bien utiles pour lutter naturellement contre les nuisibles.

 

Réalisez de petites caisses qui seront remplies de brindilles ou de pailles non tassées.  Une planche ajourée fermera le tout et protègera les insectes durant l'hiver.

 

Un gîte pour auxiliaire rempli de paille (Ecowal©)

 

Vous pouvez également placer des pommes de pin, dans la partie basse de votre hôtel à insectes.  Ces pommes de pins seront maintenues en place à l'aide d'un treillis à poule.  Elles abriteront très vite des perce-oreilles, eux aussi sont des alliés du jardinier.

 

 

 Un abri pour les perce-oreilles (Ecowal©)

 

L'hôtel à insectes terminé, il sera placé dans un espace dégagé, avec une orientation Sud ou Sud-Est.  Les petites structures peuvent être fixées à un mur ou suspendues à une branche.

 

Pour les structures plus importantes, il est conseillé de les poser sur un lit de graviers drainant.  Afin d'empêcher tout basculement, deux cornières seront enfoncées dans le sol (+/- 40cm) et vissées sur les angles arrières de la structure portante.

 

 Le gîte et le couvert !

Une telle structure n'a de sens que dans un jardin ou un parc conduit en gestion douce.  Les plantes sauvages sont favorisées et les pesticides bannis.  Pourquoi ne pas semer à proximité de l'hôtel un mélange de fleurs sauvages pures qui apportera une source de pollen bien utile à nos petits pollinisateurs.

 

Un hôtel placé dans un jardin champêtre (Ecowal©)

 

Une structure originale : un support de jardinières plantées d'espèces sauvages et flanqué de petits hôtels à insectes aux extrémités - Biodibap V.3  - Parc Naturel des Deux Ourthes (Ecowal©)

Estimation coûts

(Prix d'hôtels de bonnes qualités)

Petit hôtel : +/- 90 EUR

Grand hôtel : 200 à 400 EUR

 

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